Interview complète de Catherine Abrecht pour Réformés de septembre

A partir du 1er septembre, Sarah Golay, Catherine Abrecht et Doris Walgenwitz viendront renforcer les forces ministérielles de la Région. Elles ont livré leurs impressions sur leur parcours. Voici la partie consacrée à Catherine Abrecht.

 

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’être diacre ?
J’ai fait du bénévolat dans l’église pendant plus d’une vingtaine d’années. Je me suis demandée régulièrement si je souhaitais faire des études de théologie. L’idée d’être diacre s’est imposée petit à petit. Cette fonction me semblait donner une certaine liberté par rapport au pastorat sur lequel je trouvais que le poids de l’histoire pouvait être pesant.
Avant cela, j’ai fait une formation de juriste que j’ai exercé durant une dizaine années puis une formation de conteuse grâce à laquelle j’ai travaillé de manière indépendante pendant longtemps.
Le métier de conteuse m’est venu dans le cadre de l’église, lorsque je me suis vue confier le culte de l’enfance. Lors de la première rencontre, je pensais leur raconter une histoire et ce fut un échec monumental. Du coup, j’ai entrepris une formation de conteuse et j’ai persévéré dans le domaine. Lorsque j’étais petite, je voulais devenir écrivain. J’avais déjà cette envie de raconter un récit, une histoire, de transmettre. Du coup, le métier de conteuse était pour moi une évolution naturelle, un rêve qui se réalisait.

 

Que représente pour vous le rôle de diacre ?
Je me vois comme une passeuse. Quelqu’un qui écoute l’Autre, les autres, qui transmet une parole qui m’habite et qui nous habite. J’aime chercher le meilleur moyen d’entrer en relation avec les autres.
J’aime être attentive à ce qui bruisse dans la communauté. Je pense que mon métier de conteuse a beaucoup influencé cette démarche. Je suis sensible à ce qui se dit tout autant qu’à ce qui ne se dit pas mais demande qu’on intervienne.
Accompagner les gens autour de nous, être solidaire de ce qu’ils vivent dans leur quotidien dans un monde quand même assez difficile, voire sans répit.
Je viens d’une famille qui se méfie de l’institution. Ils ont tendance à penser que c’est une machine compliquée. Par conséquent, elle ne comprend pas très bien ce que je viens faire dans l’église, pourquoi j’ai fait ce choix, qui plus est tardif. Ils pensent que c’est une régression. Je pense au contraire que c’est au sein de l’église qu’on est le plus à même de faire une différence, que l’on peut agir. Lorsqu’on est bénévole, on est là un peu en dilettante, on est là lorsque cela nous arrange, lorsqu’on se sent valorisé. Tandis qu’en tant que professionnel au sein de l’église, on doit également faire face à ce qui ne nous plaît pas, on doit parfois être en mesure de trouver des compromis avec des gens qui ne nous plaisent pas. Je pense que l’institution est le meilleur lieu pour témoigner. Mais cette perception des choses s’est construite sur des années, à l’opposé de la façon dont j’ai été élevée.

 

Quelles sont les facettes du métier qui vous attirent le plus ?
La transmission de la parole, l’échange par rapport à ce que l’on vit à chaque instant. L’attention à l’autre et cette manière que chacun a de percevoir la présence divine qui circule entre nous.

Catherine Abrecht rejoint la paroisse de Nyon.