Samedi 26 mai 2018

La foi pour tous (Hébreux 11,1-7)


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Un maître de pédagogie et de persuasion: c'est ainsi qu'apparaît ici l'auteur du sermon dont nous suivons la lecture depuis plusieurs jours déjà. Présidant à cette longue suite d'exemples édifiants, la phrase introductive sur la foi, à l'hellénisme discret, mais consommé, est célèbre et emporte facilement l'adhésion: oui, croire, c'est capitaliser sur l'espérance, accueillir l'à-venir de Dieu dans l'expérience du temps, ne pas s'arrêter à l'horizon de monde. Pendant un bon siècle, depuis le milieu du 19e au moins, le protestantisme, dépourvu de saints (sinon de leur communion universelle), s'est tourné vers la production intensive d'une littérature d'édification, basée sur l'expérience de foi de personnes exemplaires, aux vies étonnantes et contrariées, rencontrées par Dieu et tourneboulées par sa présence. On était en quête de sanctification par procuration, et le salut se rendait accessible par vie interposée dans la familiarité des salons comme des boudoirs, selon ce qu'on y laissait traîner, et jusque sous la couette, dans la recherche d'un sommeil réparateur. Par ses exemples choisis qui fleurent bon la théologie de l'histoire (on sait enfin pourquoi Abel fut préféré à Caïn, quand la Genèse n'en pipe mot...), l'auteur manie l'anaphore avec opiniâtreté et distille sa lecture du sens de la foi pour tous... ou plutôt pour quelques-uns. Encore un peu, et l'on croirait (v. 6) que la foi serait une œuvre pour plaire à Dieu et s'attirer ses grâces – mais chut! un Paulinien pourrait entendre...

Blaise Menu

Prière: Par la foi, Dieu, je me tiens devant toi: par la foi que je peux, par la foi que tu veux, par la foi qui nous lie, par la foi qui m'élit; par la foi seule...  

Référence biblique : Hébreux 11, 1 - 7

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