Accompagner une personne en fin de vie terrestre

©André Sauter

Prendre du temps auprès d’une personne atteinte profondément dans sa santé ou en fin de vie, peut arriver à chacun d’entre nous. Cela mobilise des ressources insoupçonnées et pose de grandes questions, comme le montrent les cours de « Derniers secours » organisés par palliative vaud qui sont très demandés, conçus sur une journée sous l’inspiration des pays nordiques et repris par l’église réformée zurichoise.

Exercice de présence
Être au côté d’une personne en fin de vie, cela demande du courage et du temps. Cela favorise un approfondissement intérieur aussi bien pour la personne au seuil de la mort que pour l’accompagnant. Cela suscite aussi de grandes émotions.

Souvent on s’interroge sur l’utilité et la forme d’un tel accompagnement, quand l’échange verbal s’amenuise ou si la personne alitée dort beaucoup. Il s’agit de ne pas se décourager, mais de trouver une juste place.

La présence est précieuse et il n’est pas anodin que l’on parle avec le même mot de la présence de Dieu. Etre présent est une posture qui sécurise, qui donne confiance et « grâce » dans le sens littéral du mot. Elle est porteuse d’une présence qui nous dépasse et nous unit à l’Autre.

Si nous avons le courage d’être auprès de celle qui va aller sur l’autre rivage, c’est que nous avons une force intérieure, que nous n’avons pas peur de cette issue, que nous pouvons ainsi témoigner d’une espérance sans avoir besoin de parler ou d’évangéliser. Notre présence est déjà signe d’amour et de lumière et c’est vital pour la personne traversant la dernière étape de sa vie terrestre.

Le mot présence est de la famille du mot présent. Etre présent, c’est un défi vital pas seulement en fin de vie, mais aussi pour notre quotidien.

Demander des appuis
Je suis surpris du peu de demandes faites aux ministres pour être auprès d’un mourant. En général, le pasteur est demandé pour le service funèbre, alors qu’il est aussi une ressource pour l’accompagnement de la maladie et du chemin vers la mort.

Il ne s’agit pas de vouloir convertir la personne avant son départ. Il est essentiel pour l’accompagnant de respecter les convictions et questions de la personne concernée. L’accompagnement pastoral va être de cheminer avec la personne là où elle en est dans ses convictions et de pouvoir l’aider à verbaliser ce qui l’habite.

Les moments passés ensemble à l’approche du grand saut sont précieux. Moments d’amitié et de soutien qui aident certainement à « naître au ciel ». Ensemble, nous pouvons participer au discernement des ressources nécessaires en soins physiques, psychiques et spirituels pour le mourant. Il est bon que la famille ne soit pas seule face à ce défi.

La visite pastorale permet des échanges féconds avec l’entourage. Il ne s’agit pas d’être un pilier d’église ou un croyant pour « avoir droit » à un tel accompagnement ou ensuite à un service funèbre avec un ministre. La maladie et la mort sont en eux-mêmes des événements suffisamment profonds pour ne pas y faire face seul.

 

Pour une situation de fin de vie, n’hésitez pas à contacter un ministre de votre paroisse.

Pour d’autres demandes d’accompagnements également, ainsi que l’espace écoute La Mandorle.

Sur le site palliativevaud.ch, il y a un guide pour les proches et bénévoles : Accompagnement en fin de vie.

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