En cette période d’éloignement forcé, chacun a fait preuve d’imagination afin de resserrer les liens qui nous unissent. Cet article réunit les témoignages recueillis, les méditations proposées ou encore les réflexions reçues.

 

A l’approche de Pentecôte, reprendre souffle
L’espace de quelques semaines le monde s’est arrêté et nos repères ont changé. Bien sûr il y a la séparation physique d’avec ceux que nous aimons : nos familles, nos amis ; bien sûr il y a aussi ce temps qui s’étire et semble ne jamais finir, de la cuisine au balcon et du salon à la chambre à coucher ; bien sûr il y a encore la valse des infos anxiogènes sur nos écrans. On nous dit que ce virus s’attaque à nos poumons et nous avons peur d’y laisser notre souffle. Et si, au contraire, nous pouvions enfin le reprendre ? Et si, au lieu de chercher des solutions à des problèmes qui n’en sont pas nous prenions le temps de retrouver l’envie d’avoir envie ? Reprendre souffle et changer nos habitudes ; reprendre souffle et accueillir ce qui est là, simplement ; reprendre souffle, comme les disciples au jour de la Pentecôte et nous laisser surprendre par un avenir tout neuf où rien n’est encore défini. Isabelle Court

Une journée d’une soignante de Genolier
05h45 : le réveil sonne. Je dois me lever et me préparer à partir au front, dans les soins. 07h20 : arrivée au bureau où se trouvent déjà mes collègues infirmiers et infirmières en train de découvrir la tournée de la journée. Rituel immuable des soignants : se laver les mains et, ces derniers temps, mettre un masque. Il nous accompagnera toute la journée, au bureau, comme dans la voiture avec laquelle nous nous rendrons chez nos patients. Je prends connaissance des dossiers qui m’ont été attribués, au milieu des multiples échanges entre collègues, centrés essentiellement sur la pandémie du coronavirus, les nouvelles directives reçues, ainsi que quelques blagues ou railleries. L’anxiété est présente dans les soins et c’est plutôt sur le mode humoristique grinçant que les soignants se défoulent…
Arrive le moment de partir chez mes patients, dont certains ont été touchés de plein fouet par le coronavirus. J’éprouve un peu d’appréhension. Je répète mentalement la suite des actions à mener pour me protéger et effectuer les soins tout en apportant mon soutien au patient. Et quand je me retrouve face à face avec lui ou elle, c’est alors que se produit ce qui donne tout son sens à mon travail, à ma profession : la rencontre de l’autre. Paradoxe dans ce temps où chacun doit plutôt éviter l’autre.
Propos recueillis par Jean-Marie Christen, paroisse de Genolier.

Intercession
En ces temps de jaillissement qu’est le printemps,
Celui où l’envie de sortir pour mieux l’accueillir nous tenaillait,
Nous nous sommes retrouvés stoppés net dans notre élan.
Seigneur, Toi qui es la source de toute vie,
Nous savons que chacun de nous a du prix à tes yeux
Et que tu ne nous abandonneras pas.
Une nouvelle fois, nous nous tournons vers toi :
Enveloppe les malades de ta tendresse et recouvre-les de ta chaleur durant ces jours qui leur paraissent sans fin.
Viens tenir compagnie à ceux qui ont perdu un être cher et apaise leur peine,
Apporte à ceux qui travaillent pour nous la sécurité, la force et l’espérance dont ils ont besoin,
Aide les plus vulnérables à se confier, à partager et demander de l’aide,
Offre à chacun de nous la joie de donner, d’entourer, de sourire et d’écouter sans compter,
Viens déposer en nous le goût d’un bonheur confiant dans ce que la vie nous offre à chaque instant, celui d’un cœur inspiré par les mots qui viennent de Toi et des trésors d’affection que Tu nous offres en partage !
Amen

Paroisse de Nyon, Catherine Abrecht